Traçage du coronavirus : oui, avec des garde-fous
<https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/06/tracage-du-coronavirus-oui-a...> Editorial du « Monde ». Parmi les innombrables défis posés à nos sociétés par la crise du Covid-19, les restrictions imposées aux libertés individuelles figurent en bonne place. Tout porte à croire que les interrogations légitimes que nous devons avoir à ce sujet se poursuivront au-delà de la période du confinement, lorsque la phase la plus aiguë de la pandémie sera passée. S’il est encore trop tôt pour envisager le déconfinement en France, il est du devoir des pouvoirs publics de le préparer, afin que le pays puisse se remettre en ordre de marche et que l’activité économique puisse reprendre dans les meilleures conditions, en limitant au maximum les effets de possibles vagues successives de contamination. L’un des instruments indispensables à cet effet sera la pratique généralisée du dépistage. Un autre instrument à l’étude est celui du traçage numérique de la population, afin de vérifier la circulation du virus, à l’aide de données fournies par les téléphones personnels. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Smartphones, applis… les défis du pistage massif pour lutter contre la pandémie En Asie, ce procédé a été largement employé dans la lutte contre le Covid-19, de manière coercitive en Chine, plus consensuelle en Corée du Sud et à Singapour, où les informations issues du traçage des personnes contaminées sont accessibles à tous. Les Européens, eux, ont une attitude différente à l’égard de cette surveillance : ils sont aujourd’hui plus protecteurs des données personnelles cédées à des entreprises privées comme Google et Facebook et traditionnellement réticents à ce type d’utilisation massive par l’Etat. Lire aussi Contre la pandémie due au coronavirus, de nombreux pays misent sur la surveillance permise par le « big data » Les applications mises au point pour utiliser les données des smartphones dans le cadre de la lutte contre le coronavirus présentent différents degrés d’intrusion. Le modèle à l’étude dans plusieurs pays européens privilégie le suivi des contacts : plutôt que de tracer les déplacements d’une personne infectée, il s’agit d’identifier qui cette personne a côtoyé, en détectant les téléphones à proximité, grâce notamment à la technologie sans fil Bluetooth. Ce procédé permettrait aux autorités sanitaires de prévenir les personnes côtoyées afin qu’elles se fassent dépister et, le cas échéant, traiter, ou qu’elles se confinent. [...]
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Alberto Cammozzo