Maurizio...
La théorie des baïonnettes intelligentes a été initiée en France au cours de la Seconde Guerre mondiale et avec l’arrêt du 10 novembre 1944 lors de l’affaire Langneur. Le droit reconnaissait ainsi que toute action porteuse de dommages de la part d’une baïonnette (qui transperce un corps notamment) trouvait sa source dans une décision d’un acteur humain qui ne pouvait s’en détacher en attribuant la responsabilité à l’outil baïonnette supposé intelligent. Le soldat ne pouvait ainsi se considérer comme une simple baïonnette car il était supposé intelligent.En droit pénal, elle est un outil juridique qui permet de condamner une personne physique qui a obéi à un ordre de sa hiérarchie manifestement illégal. Appliquée initialement dans le domaine militaire, elle s’étend ensuite au domaine civil dans la fonction publique puis dans le privé. Aux États-Unis, son équivalent américain, le Uniform Code of Military Justice, a été mis en vigueur dans les années cinquante. Le 23 janvier 1997, l’ancien Premier ministre Maurice Papon fut condamné au motif que « l’illégalité d’un ordre de l’autorité légitime en matière de crime contre l’humanité [est] toujours manifeste ». Plus récemment, en 2019, des gendarmes de la ville de Nice, en pleine crise des Gilets jaunes lors d’un rassemblement, refusent d’obéir à un ordre de leur hiérarchie. Ils le jugent disproportionné au regard de la menace, surestimée selon eux, et ont été soutenus par l’appel à cette théorie.
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there is a war between the rich and poor there is a war between the ones who say there is a war and the ones who say there isn't l. cohen, there is a war (1974)