Depuis la
déclaration de l'état d'urgence en France, les autorités
ont comptabilisé 3210 perquisitions. Plus de 400 personnes ont
été assignées à résidence et 12 lieux de cultes fermés. Dans
notre rapport publié le 4 février 2015, nous revenons sur 3 mois
de mesures appliquées de façon discriminatoire et
disproportionnée.
DES PERQUISITIONS SANS CONTRÔLE JUDICIAIRE
Le 17 novembre vers 23 heures, Marc, qui habite dans le nord de
la France, en Picardie, se trouvait dans son salon quand on a
sonné à la porte. Il a entendu quelqu’un qui donnait des coups
de pied dans la porte et la frappait.
La
perquisition n’a donné lieu à aucune instruction contre Marc ou sa
famille.
En temps ordinaire, selon le droit pénal français, la perquisition
d’un domicile ou d’autres locaux est autorisée par l'autorité
judiciaire et vise à recueillir des éléments concernant des
personnes soupçonnées d’avoir commis un acte criminel.
Sous état d’urgence, les préfets peuvent eux-mêmes autoriser une
perquisition, y compris de nuit en invoquant des motifs vagues,«
s’il existe des raisons sérieuses de penser que ce lieu est
fréquenté par une personne dont le comportement constitue une
menace pour la sécurité et l'ordre publics». Cette formulation
très vague laisse libre cours à l'interprétation des préfets.
Les ordres de perquisition signés par les préfets contiennent
généralement des formules toutes faites évoquant la menace pour la
sécurité et l’ordre publics ou bien la possibilité que des armes
ou des personnes soient cachées. Ils contiennent très peu
d'informations précises sur les personnes visées.
[…]
Continua qui:
http://www.amnesty.fr/etat-urgence